logo

French (Fr)English (United Kingdom)

Connexion



L'enregistrement vous permet d'accéder à des informations supplémentaires

Champs d’énergies

Cultivar N°618 mai juin 2008


Regroupés au sein de Champs d’énergies

Les agriculteurs Tourangeaux regroupés au sein de « champs d’énergies » ont implanté leurs premières parcelles de miscanthus et de panic érigé au printemps 2006. En été 2007, ils dressaient un premier bilan des implantations et tissaient les premiers contacts commerciaux (Cultivar n° 611 – septembre 2007). Ce printemps, ils ont implanté 50 hectares supplémentaires de panic érigé et ont procédé aux premiers essais de récolte. Champs d’énergies – Touraine Cultures énergétiques : le panic érigé séduit Fin mars 2008, dans le paysage tourangeau très vert à cette époque, quelques

parcelles dénotent. Les cultures en question ont la couleur du blé en été et sont deux à trois fois plus hautes. Autre bizarrerie : la présence d’ensileuses habituellement rares à cette époque. Il s’agit de la première récolte des parcelles de panic érigé et de miscanthus plantées en 2006 par une douzaine d’agriculteurs de ce secteur. « C’est le moment pour le panic mais c’est presque un peu tôt pour le miscanthus. On dit habituellement que la première récolte significative de cette culture à lieu trois ans après l’implantation et atteint son maximum au bout de 4 à 5 ans », explique Frédéric Bizieux, cogérant avec Franck Fournier de Champs d’énergies, structure qui regroupe les trente-neuf agriculteurs tourangeaux qui se sont lancés dans cette aventure des cultures énergétiques. Cependant, les parcelles produisent déjà en moyenne une douzaine de tonnes de matière sèche. « Nous avons souhaité faire ces premiers essais pour compléter nos données technico-économiques sur ces cultures », présente-t-il. Selon le débouché, la longueur du brin souhaité n’est pas la même : court pour la fabrication de granulé, long pour les champignonnières ou l’alimentation de digesteurs (biogaz) ou éventuellement pour des unités de granulation équipées d’un broyeur. Matériel de récolte polyvalent Ce jour-là, trois essais ont été réalisés : récolte avec ensileuse, récolte avec faucheuse-conditionneuse et récolte avec une ensileuse utilisée comme une faucheuse. « Il s’agit de tester différentes chaînes de production en vue de satisfaire les différents débouchés », précise Christophe Bersonnet, conseiller à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. Pour ces essais, plusieurs concessionnaires ont été sollicités et c’est un concessionnaire New-Holland qui a fait le déplacement. « Nous pensons que le matériel de récolte doit être de plus en plus polyvalent. Cela doit notamment permettre aux Cuma et aux entrepreneurs de rentabiliser leur investissement sur un grand nombre de cultures. La récolte de cultures énergétiques peut être un complément d’activité à une période de l’année traditionnellement plus calme », analyse Damien Viltrouvé, responsable produit ensileuses chez New-Holland. Ces premiers tests se sont bien déroulés mais il faudra à nouveau tester la capacité de ces différentes machines dans des cultures plus développées. « Ce type d’essais permet de s’apercevoir des critères à prendre en compte dans le choix du matériel, par exemple les possibilités de réglage de la ventilation ou la hauteur maximum par rapport au sol pour ne pas écraser les andains … », constate Christophe Bersonnet. Premières années encourageantes Côté agronomie, les agriculteurs qui ont implanté ces cultures en 2006 sont plutôt satisfaits. Le miscanthus et le panic érigé semblent bien adaptés aux différents types de sol. Ces cultures semblent même s’épanouir là où les cultures classiques peinent (terres caillouteuses, séchantes…). Seule exception : des échecs d’implantation ont été constatés dans des parcelles hydromorphes. Par ailleurs, le miscanthus et le panic érigé ont un pouvoir d’étouffement qui facilite assez rapidement la gestion du désherbage. « Il faut être vigilant la première année et ne pas se laisser déborder. Cela m’est arrivé dans une parcelle et la culture a pris environ un an de retard. Mais une fois la première année passée, le désherbage n’est plus nécessaire », assure Frédéric Bizieux. Plusieurs essais de transformation en granulés ont également été menés notamment avec la Sidesup et la Coopedom, deux coopératives de déshydratation situées respectivement dans le Loiret et en Ile-et-Vilaine. Les deux sont utilisables comme combustibles sous forme de granulés. Cependant, le panic érigé implique un taux de compression supérieur et semble donc nécessiter quelques adaptations techniques. Enfin, les contacts commerciaux sont multiples et l’association est devenue la SARL Champs d’énergies, structure juridique plus adaptée à cette activité. « La vente de biomasse la ville de Tours, notre premier contact au début de projet, a pris un peu de retard mais reste à moyen terme d’actualité. Par ailleurs, nous avons plusieurs autres contacts promoteurs », indique le cogérant de Champs d’énergies. Deux ans après son implantation, le miscanthus n’a pas encore atteint son pallier maximum de production mais produit déjà également 12 tonnes de matière sèche en moyenne. Le panic érigé (switchgrass) a produit environ 12 tonnes de matière sèche en fin de deuxième année et jusqu’à 15 tonnes dans certaines parcelles. 50 hectares de panic L’optimisme de Frédéric Bizieux est d’ailleurs partagé par un nombre d’agriculteurs croissant. Une cinquantaine d’hectares supplémentaires de panic érigé ont été implantés au printemps 2008. Le panic érigé est à terme un peu moins productif mais le retour sur investissement semble plus rapide. Son coût d’implantation est en effet compris entre 400 et 500 euros contre environ 3 000 euros pour le miscanthus. En effet, l’un se sème tandis que l’autre se plante. De plus, les utilisations du panis érigé pourraient être plus diversifiées, y compris comme fourrage. Enfin, une variété plus adaptée aux sols hydromorphes va âtre testée. « Il y a plus d’agriculteurs intéressés pour implanter le panic érigé que du miscanthus. Il peut s’implanter avec le matériel classique. Cela réduit le coût et permet donc de risquer de le semer dans des parcelles plus difficiles. Quand on plante du miscanthus, on a en revanche tendance à maximiser les chances de réussite et à l’implanter dans les bonnes terres. Il est alors directement en concurrence avec le blé », explique Christophe Bersonnet. La SARL Champs d’énergies a été reconnue importateur par le GNIS pour permettre un achat groupé de panic érigé aux Etats-Unis. « Les motivations des agriculteurs qui rejoignent Champs d’énergies sont multiples : curiosité, envie de diversifier les productions… Certains sont également séduits par le peu d’entretien de ces cultures. C’est parfois une solution face à un problème de main-d’œuvre sur l’exploitation ou à l’approche de la retraite. Pour d’autres, il s’agit aussi de valoriser certaines parcelles peu productives. Certains producteurs sont aussi séduits par l’aspect extensif de ces cultures, et parmi eux quelques bio. De plus, malgré la hausse du prix du blé, de nombreux agriculteurs restent convaincus que la production d’énergie est un défi majeur pour l’avenir », affirme Frédéric Bizieux.

 

 

 

STEPHANIE SEYSEN


Rétrospective

Champs d’énergies, un an plus tôt Suite à une réflexion au sein du GDA Nord-Ouest Touraine sur une nécessaire diversification « durable », plusieurs agriculteurs se sont lancés en 2006 dans une expérimentation à grande échelle de cultures énergétiques. Une vingtaine d’hectares de miscanthus et de panic érigé (également appelé switchgrass) sont implantés par une douzaine d’exploitants. Cette surface doit permettre de fournir une matière suffisante pour des tests de granulation et de combustion. De plus, la localisation des parcelles est choisie de façon à tirer un maximum d’enseignements sur l’adaptation de ces cultures aux différents types de sol. Cette surface significative permet également d’être crédible auprès de clients potentiels. A cette époque, la ville de Tours réfléchit à investir dans une nouvelle chaudière pour la serre municipale de production des végétaux. Les responsables sont séduits par la perspective d’alimenter cette chaudière par des biocombustibles produits localement. De nombreux échanges ont lieu entre les responsables de la ville et les agriculteurs regroupés au sein de l’association « champs d’énergies ».

 

Animé par Joomla!. Participation de anthony-julien.fr and log-lab.fr